KNIVES OU LA NOUVELLE GÉNÉRATION QUI TE DÉCOLLE DU SOL

Je suis entrée pour voir Ditz.

Je suis ressortie en me demandant qui étaient ces gamins qui m’avaient attrapée par la gorge pendant une heure en première partie.

Knives.

Bristol. Encore. Édition 2022.

Une bande de mômes qui jouent comme si la salle entière leur devait de l’argent.

Et là, j’ai compris un truc : il existe encore des groupes qui montent sur scène pour tout retourner, pas pour paraître cool dans un réel.

Ils sont cools. Vraiment.

LE TABLEAU

– Un chanteur vibe Happy Mondays mais vénère, jogging mou, posture de prophète déçu.

– Un bassiste en Fender P sans potard de tonalité ; un bouton, un moteur d’avion dans l’abdomen.
Surtout : un bassiste fun, remuant, présent. Évidemment, je valide.

– Deux guitaristes « IDLES-compatibles », montés sur ressort, qui jouent comme si chaque accord était un avertissement.

– Une saxophoniste allumée, solaire, qui fonce dans la fosse comme une prêtresse punk.

– Un batteur… je crois qu’il est mineur.
Mais c’est le seul humain fonctionnel du plateau, ce qui est en soi un gag.

Et tout ça fonctionne.

Beaucoup trop bien.

LE SON

Du post-punk qui a sniffé du noise,
du hardcore qui a oublié d’être sérieux,
du rock indé qui ne veut pas choisir de parents.

Par moments, t’entends du Rage Against The Machine joué par des enfants turbulents.

À d’autres, l’ombre des Viagra Boys mais plus fun, moins fatigués.

Un peu de Turnstile dans la vibe.

Et surtout : un truc qui te soulève, littéralement.

Le sax te mord l’oreille, la basse te fait vibrer les dents, la guitare vrille l’air comme un insecte coincé sous halogène.

Et la voix… c’est un mec qui hurle la société avec la lassitude de quelqu’un qui a trop tout vu trop tôt.

LE LIVE

Ce n’est pas un concert.

C’est un kidnapping sonore.

Ils sont jeunes, mais ils jouent comme s’ils avaient déjà fait trois guerres et deux burn-outs.

Pas une seconde de flottement.

Pas un moment de vanité.

Juste un besoin viscéral de te jeter leurs tripes au visage.

Knives, c’est :

✅ la génération post-punk qui refuse d’attendre son tour
✅ des gamins de Bristol qui jouent comme des adultes déterminés à tout péter
✅ un sax qui dynamite les frontières du genre
✅ une énergie qui, paradoxalement, fait du bien

Je suis venue pour Ditz.

Je suis repartie en me disant :

bordel… c’était quoi ce truc ?

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