POURQUOI JE VAIS VOIR AU PAIRS AU PETIT BAIN ALORS QU’ILS NE FONT DÉSORMAIS QU’UNE

Au Pairs avec Lesley Woods – concert au Petit Bain à Paris le 20 novembre 2026

Au Pairs revient à Paris le 20 novembre 2026 au Petit Bain, dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent. Lesley Woods reprend le répertoire du groupe post-punk britannique avec Estella Adeyeri, Alex Ward et Jem Doulton, sans les trois autres membres historiques.

(Ou comment je vais voir Lesley Woods avec ses tueurs, sans les Au Pairs originaux, mais avec une bassiste kick-ass.)

Je n’y ai pas cru. Au Pairs. Paris. Une seule date. Le 20 novembre au Petit Bain, dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent. J’ai relu trois fois. AU PAIRS.

J’ai immédiatement traversé mentalement quarante-cinq ans de post-punk britannique et acheté une place avant que quelqu’un ait l’idée de me conseiller de réfléchir. Et puis j’ai regardé qui montait sur scène. Et je suis redescendue. Relativement.

AU PAIRS, POUR CEUX QUI N’ONT PAS CONNU LE DÉBUT DES EMMERDES

Birmingham, 1978. Lesley Woods au chant et à la guitare, Paul Foad à la guitare, Jane Munro à la basse et Pete Hammond à la batterie. Une guitare nerveuse, une basse qui ne suit personne, des rythmiques funk et des angles partout. La famille Gang of Four, Delta 5, The Slits.

Chez Au Pairs, on danse pendant que Lesley Woods démonte les rapports de domination, les hypocrisies sexuelles et les violences politiques. Come Again, Armagh : des chansons qui vous font remuer le cul en vous expliquant que le monde est organisé de travers.

Deux albums mythiques, Playing with a Different Sex (1981) et Sense and Sensuality (1982). Puis le groupe disparaît en 1983. Lesley Woods devient avocate, notamment dans le droit de l’immigration et de l’asile. Une reconversion qui ne ressemble pas exactement à une rupture idéologique.

BON. MAINTENANT, QUI SONT CES GENS ?

Parce que Lesley Woods est bien là. Mais Jane Munro, Paul Foad et Pete Hammond, non.

Au Pairs revient donc avec une seule Au Pairs. Et pas parce que les trois autres avaient piscine. Les anciens membres contestent publiquement certains aspects de ce retour sous le nom du groupe. Lesley Woods défend sa décision. Je ne vais pas arbitrer quarante ans d’histoire commune depuis mon canapé.

Mais soyons clairs : ce n’est pas la reformation de 1981.

Et Jane Munro, quand même. LA BASSE.

Alors j’ai regardé qui la remplaçait.

ESTELLA ADEYERI. BONJOUR MADAME.

Bassiste de Big Joanie, groupe punk féministe londonien ayant partagé l’affiche de Bikini Kill, Sleater-Kinney et Gossip.

GOSSIP. MERDE.

Une pionnière du post-punk féministe accompagnée d’une musicienne issue de la génération qui a prolongé son héritage. La Ligue Internationale de Défense des Bassistes suspend sa procédure d’opposition. Provisoirement.

À la guitare, Alex Ward, passé par les univers de Thurston Moore et Pere Ubu. À la batterie, Jem Doulton, également collaborateur de Thurston Moore.

Bref, Lesley Woods n’arrive pas avec trois figurants chargés de reproduire gentiment 1981.

LES FEMMES S’EN MÊLENT. ÉVIDEMMENT.

Le festival défend depuis 1997 la place des femmes dans les musiques actuelles. Difficile de trouver cadre plus cohérent. Quarante-cinq ans après, Come Again ne donne toujours pas franchement l’impression de visiter le musée des problèmes résolus.

DONC, J’Y VAIS.

Je ne vais pas voir Au Pairs tel qu’il existait en 1981. Je vais voir Lesley Woods et trois musiciens capables de défendre ce répertoire.

Est-ce que ce sera aussi incandescent que sur disque ? Aucune idée. Est-ce que je vais regarder beaucoup Estella Adeyeri ? Probablement. Regretter Jane Munro ? Peut-être.

Mais est-ce que j’allais sérieusement rester chez moi alors que Lesley Woods chante Au Pairs à Paris ?

NON MAIS ÇA VA PAS LA TÊTE.

Le 20 novembre, je serai au Petit Bain, avec mon billet, mes souvenirs et une certaine curiosité pour cette nouvelle section rythmique.

Au Pairs ne font plus qu’une. Mais il reste suffisamment de monde sur scène pour faire beaucoup de bruit.

Et franchement, c’est tout ce que je demande.

Pour ceux qui auraient, eux aussi, décidé de ne pas réfléchir : la billetterie du Petit Bain est par ici. On se retrouve devant la basse.