DOODSESKADER DANS LA CAVE DU POCHE DE BÉTHUNE. ÇA ME PARAÎT PARFAITEMENT RAISONNABLE

Doodseskader et Nemøde au Poche de Béthune le 1er octobre 2026

Doodseskader et Nemøde seront au Poche de Béthune le 1er octobre 2026 : deux duos belges qui mélangent hardcore, sludge, hip-hop, indus, électronique et hyperpop dans une cave où la notion de distance de sécurité reste assez théorique

(Ou comment mettre deux duos belges dans une cave et attendre de voir ce qui reste fixé aux murs)

J’aime Le Poche de Béthune d’amour.
Voilà. C’est dit.
Le Poche, c’est une petite salle comme j’aimerais en avoir quinze autour de chez moi.
Une cave. Des gradins.
Une proximité avec la scène qui rend assez théorique la notion de « fond de salle ».
Et surtout une programmation qui cherche encore des trucs. Et je le dis d’autant plus sereinement que je connais pas le programmateur personnellement. C’est une salle qui cherche pas uniquement les groupes déjà validés par quarante festivals, douze playlists et le cousin du barman.

Des machins qui arrivent.
Des trucs bizarres.
Des groupes qu’on ne connaît pas forcément encore.
Des soirées où tu peux entrer en te disant « voyons voir » et ressortir avec un nouveau dossier à surveiller.
Et puisqu’une cave est déjà une excellente idée en soi, le 1er octobre, ils ont décidé d’y mettre Doodseskader.

Très bien.

Doodseskader est un duo belge composé de Tim De Gieter et Sigfried Burroughs.
Et pour vous expliquer exactement ce qu’ils jouent, je vais avoir besoin d’un tableau blanc, de trois feutres et probablement d’un médiateur.
Parce qu’ils ont déjà passé quelques années à circuler entre hardcore, sludge, hip-hop, indus et grunge sans manifester le moindre désir de choisir leur camp.
Et leur troisième album, The Change Is Me, sorti le 3 avril 2026 sur leur propre label 45 Records, n’a absolument pas arrangé la situation.
Cette fois, leur propre présentation convoque carrément la witch house, le hip-hop, la dream pop industrielle et le rock de stade.

Voilà.
Démerdez-vous avec ça.

Bref, exactement le genre de machin que je trouve intéressant à regarder dans une petite salle où il n’existe pas vraiment de département voisin dans lequel se réfugier.

En ouverture : Nemøde.
Encore des Belges.

Cette fois, un duo bruxellois qui s’est lui aussi visiblement assis sur la question des frontières musicales.
Nemøde mélange musiques lourdes, électronique et hyperpop saturée, avec des morceaux capables de passer d’une fragilité presque cotonneuse à quelque chose de nettement moins aimable.
Le duo a remporté le dispositif belge Sound Track en 2025 et arrive avec un nouvel EP au titre suffisamment rassurant : tragic PINK!.
Donc là encore, nous ne sommes manifestement pas partis sur une soirée guitare-basse-batterie avec trois refrains rassurants et extinction des feux à 22 h 30.

Ça me va très bien.

Et je vais redire un truc.
Allez voir ce que programment les petites salles. Pas par charité.
Pas pour « soutenir la culture » avec le visage grave et les deux mains autour d’une tisane.
Mais parce que c’est souvent précisément là que quelqu’un est encore en train de fouiller.
Et le 1er octobre, je pense que les murs vont participer.