À CORE ET À CRIS LANCE SA PREMIÈRE ÉDITION AVEC SUN ET LOCO MUERTE EN NORMANDIE… ET ÇA MÉRITE D’ÊTRE SOULIGNÉ

Affiche À Core et à Cris Metal Fest 2026 à Bolbec avec SUN et LocoMuerte

À Core et à Cris Metal Fest lance sa première édition le 12 septembre 2026 à Bolbec, en Normandie, avec SUN, LocoMuerte, Doorshan, JIRO, MÜ et une sérieuse envie de construire un festival à partir de zéro

(ou comment une douzaine de personnes ont regardé l’état économique des festivals en 2026 et se sont dit que c’était précisément le moment idéal pour en créer un)

Il existe des gens raisonnables.

Et puis il y a les autres.

À Bolbec, en Seine-Maritime, une bande de passionnés réunis au sein d’Enoly Productions a décidé de créer un festival.

Ça s’appelle À Core et à Cris Metal Fest et la toute première édition aura lieu le samedi 12 septembre 2026 au Val-aux-Grès, à Bolbec.

Et quand je dis toute première, c’est toute première.

Il n’existe pas d’édition 2025.

Pas de « l’an dernier on avait eu un problème avec les toilettes ».

Pas de « cette fois on déplacera la scène de trois mètres parce que Gérard avait garé son camion devant ».

Pas de fréquentation N-1.

Pas de vieux festivalier capable d’expliquer sur Facebook que « franchement, c’était mieux avant ».

Il n’y a pas d’avant.

Ils vont fabriquer l’avant.

Et l’affiche est beaucoup moins sage qu’elle en a l’air.

SUN, LocoMuerte et une affiche qui ne vient pas tricoter

✅ Commençons par SUN

SUN appelle sa musique de la Brutal Pop. J’étais évidemment obligée d’aller vérifier ce que pouvait bien être ce machin. Je l’ai vue cet été au Kave Fest. C’est vachement bien.

Derrière SUN, il y a Karoline Rose Sun, chanteuse et guitariste née en Allemagne, passée du growl dans un groupe de brutal death metal à The Voice en 2013, puis aux présélections allemandes de l’Eurovision, avant de créer son propre mélange de pop et de metal.

✅ Juste dessous, LocoMuerte, parrains de cette première édition

Eux appellent leur truc du thrash crossover chicano : thrash, punk, crossover, chant en espagnol et influences Suicidal Tendencies, Anthrax, Agnostic Front ou Motörhead.

Plus de 200 concerts au compteur et des scènes partagées avec Suicidal Tendencies, Biohazard, Infectious Groove…

Bref, quatre types qui savent à quoi ressemble une fosse quand elle commence à bouger.

✅ Doorshan

Doorshan, ensuite : rock, pop, hip hop, électro et un gros fond de fusion années 90.

Ils ont notamment ouvert pour Shaka Ponk et arrivent avec un nouvel album.

Donc normalement, le matériel sera encore sous garantie.

✅ JIRO

Metalcore / metal moderne, du riff, du groove, de la mélodie et un nouvel EP sorti cette année.

✅ MÜ

Venu de Nantes, MÜ mélange rock français, death metal et post-progressif.

Et deux groupes ont gagné leur place sur l’affiche

Et puis il y a les deux groupes qui ont gagné leur place lors du tremplin organisé à Bolbec le 27 mars : Karma Until Tomorrow, choisi par le public, et Carbonic Fields, choisi par le jury.

Le premier possède un détail qui nécessite qu’on s’arrête deux secondes :

le guitariste a 13 ans.

Treize.

Metal Décadence l’avait déjà repéré comme l’un des éléments marquants du set.

À 13 ans, personnellement, j’étais surtout capable de perdre mes affaires de sport.

Lui gagne des tremplins metal.

Très bien.

On suivra ce dossier.

Carbonic Fields, du Havre, mélange thrash, death et éléments symphoniques.

À la batterie : Franky Costanza, passé notamment par Dagoba.

✅ Stronghold

Groupe de thrash / death metal du Havre.

Et pendant les changements de plateau ?

Ce moment merveilleux où 800 personnes regardent quatre techniciens déplacer une batterie en se demandant s’il est raisonnable d’aller pisser.

À Core et à Cris a prévu Burnt Offerings, tribute metal 90s, sur une deuxième scène pour assurer les interludes.

Donc même les techniciens auront une bande-son.

Créer un festival en 2026 : manifestement, certaines personnes aiment le danger

Et, enfin, je vais vous dire pourquoi je vous parle de ce festival.

Parce qu’en 2026, il faut quand même avoir du cran pour décider d’en créer un.

Les coûts explosent.

Les cachets augmentent.

La technique coûte un rein.

Il faut trouver un lieu, des groupes, des techniciens, des bénévoles, de la sécurité, des partenaires, vendre suffisamment de billets pour ne pas finir financièrement à poil et, accessoirement, espérer qu’il ne tombe pas l’équivalent de la mousson le jour J.

Et malgré tout ça, il y a encore des gens qui regardent la situation et disent :

Allez. On en monte un !

Ces gens-là, il faut aller les voir.

Pas par charité.

Pas parce qu’il faudrait applaudir poliment toute initiative locale sous prétexte qu’elle existe.

Mais parce que si on veut encore avoir demain des petits festivals, des groupes qui tournent, des scènes où ils peuvent commencer, des endroits où découvrir un machin dont on ignorait l’existence deux heures auparavant et rentrer chez soi en disant « c’était quoi ça ? », il faut bien que quelqu’un achète un billet aujourd’hui.

Un festival ne devient pas une institution à sa première édition.

Il commence avec une bande de gens suffisamment inconscients pour le créer et une autre bande suffisamment curieuse pour venir voir ce qu’ils ont foutu.

Alors si vous êtes dans le coin : bougez.

Allez voir SUN.

Allez voir LocoMuerte.

Allez découvrir les deux groupes qui ont gagné leur place au tremplin.

Allez boire une bière.

Allez acheter un truc à un artisan.

Allez gueuler devant une scène.

Allez soutenir les gens qui prennent encore le risque d’en construire.

Parce que sinon, à force de laisser crever les endroits où la musique se joue vraiment, on finira tous dans vingt ans à écouter dans notre salon un groupe qui n’existe pas, jouer une chanson générée par une IA dans une salle virtuelle qui n’existe pas davantage.

Et on aura vraiment l’air cons.

Alors si vous voulez pouvoir raconter dans quelques années que vous étiez là avant que quelqu’un commence à dire que « franchement, c’était mieux avant », la billetterie est par ici.

Pour l’instant, profitez-en : avant n’existe pas encore.