BREAKING FOSSE #8 – THE HUMAN LEAGUE – LOKERSE FEESTEN 2026

HUMAN LEAGUE LOKERSE FEESTEN 2026

(Ou comment passer du gala Costa Croisières à Sheffield 1978 sans prévenir personne.)

Je vais être honnête.

Pendant une bonne partie du concert, j’ai cru assister à une expérience sociologique.

Phil Oakey est arrivé avec un premier costume que personne n’aurait osé proposer à son pire ennemi.

Puis un deuxième.

Puis un troisième.

Puis un quatrième.

À un moment, il ressemblait à un Jedi qui aurait trouvé un emploi chez Air France.

Puis à un ambassadeur intergalactique.

Puis à quelqu’un qui avait décidé de s’habiller exclusivement avec des rideaux de très bonne qualité.

Pendant ce temps-là…

Les choristes étaient impeccables.

Joanne Catherall et Susan Ann Sulley.

Habillées comme pour un mariage.

Élégantes.

Paillettes.

Maquillage parfait.

Professionnelles jusqu’au bout des ongles.

Manifeste du keytar

Deux claviéristes se partageaient les synthés, tous équipés d’un keytar blanc manifestement convaincu d’être guitar hero.

Et là… je m’insurge.

On ne fait pas de solo de guitare au clavier.

Même avec un keytar.

Même s’il est blanc.

Même si on y croit très fort.

Non.

En revanche…

Le batteur.

Lui, c’était une énigme.

Tout le monde semblait sortir d’une réunion de méchants de James Bond ou d’une secte cybernétique.

Et au milieu…

Il y avait juste un batteur.

Veste simple.

Barbe.

Concentré.

Le regard de quelqu’un qui sait très bien que ses collègues sont en train de défiler dans des tenues improbables… mais qui a décidé que ce n’était plus son problème.

Derrière eux, les écrans envoyaient des visuels hallucinants pendant que défilaient les grands classiques.

Les tubes, quand même

Allez.

Ne faites pas les innocents.

Vous les connaissez.

The Lebanon.

Mirror Man.

Don’t You Want Me.

Human.

Vous les avez déjà chantés quelque part.

Et Phil Oakey porte tout ça avec un sérieux absolu.

Jamais un clin d’œil.

Jamais une once d’autodérision.

Il chante comme si cette toge spatiale était exactement ce qu’il fallait enfiler pour interpréter quelques-uns des morceaux les plus importants de la synth-pop britannique.

Le morceau qui fait taire tout le monde

Puis arrive Being Boiled.

Les lumières changent.

Les écrans deviennent organiques.

Rouges.

Presque vivants.

Les costumes cessent soudain d’exister.

Il ne reste plus que cette ligne de basse hypnotique.

Cette froideur.

Cette tension.

Et tu te rappelles brutalement que, bien avant les tubes planétaires, The Human League faisait partie de ceux qui ont participé à inventer une nouvelle manière de faire de la musique électronique.

Being Boiled rappelle à tout le monde pourquoi Sheffield est devenue l’une des villes les plus importantes de l’histoire de la musique synthétique.

Pourquoi tout le monde avait des étoiles dans les yeux

Pour les plus jeunes, ou les métalleux qui se demandent pourquoi autant de quinquagénaires avaient des étoiles dans les yeux…

The Human League n’est pas seulement le groupe de Don’t You Want Me.

Formé à Sheffield en 1977, le groupe fait partie des pionniers de la synth-pop.

Avec Cabaret Voltaire, Heaven 17 ou, un peu plus tard, ABC, il participe à faire de cette ancienne ville sidérurgique un véritable laboratoire de musique électronique.

À une époque où les synthétiseurs sont encore regardés avec méfiance, ces groupes ouvrent une voie qui influencera durablement Depeche Mode, New Order, Pet Shop Boys et une bonne partie de la musique électronique des décennies suivantes.

Alors oui.

On peut rire des costumes.

Mais on salue aussi les gens qui ont changé les règles du jeu.

L’élégance entre pionniers

Et puis il y a eu ce moment.

Susan Ann Sulley prend le micro.

Quelques secondes seulement.

Elle regarde le public et rend hommage à Gary Numan, qui vient de quitter la scène.

« Sans lui, The Human League n’existerait probablement pas. »

Une phrase simple.

Élégante.

Et profondément juste.

Parce qu’avant d’être des pionniers, eux aussi ont eu des modèles.

Quelques années avant The Human League, Gary Numan démontre déjà qu’un groupe construit autour des synthétiseurs peut non seulement exister… mais aussi remplir les charts avec Are ‘Friends’ Electric? puis Cars.

Pour toute cette génération de Sheffield, ce n’est plus une idée.

C’est une possibilité.

La new wave n’est pas née d’un seul homme.

Elle s’est construite grâce à une génération entière d’artistes qui se sont observés, inspirés, puis dépassés les uns les autres.

Conclusion

Rien que pour cette élégance-là…

Le voyage en Belgique valait le détour.

Et franchement…

Ça vaut largement quelques crimes contre le textile.

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