LOKERSE FEESTEN 2026 : ON EST ALLÉS PRENDRE UNE CLAQUE EN BELGIQUE… ET REVENUS COMME ON PEUT
(Un indice : je suis juste assez vivante pour vous donner de brèves nouvelles du front.)
Hier, direction les Lokerse Feesten, en Belgique.
Retour ce matin.
- Dos en vrac.
- Hanche qui grince.
- Genou droit en négociation.
- Nez qui mouche encore du sable.
- Digestion de la fricadelle-frites toujours en cours.
Le plan de bataille
Objectif de la journée :
Tenir dix heures accrochée à une barrière technique devant le couloir des photographes.
Ça explique les photos prises de loin ou sur les écrans géants.
Pourquoi pas devant ?
Parce que la scène était beaucoup trop haute.
Le premier rang offrait une vue imprenable sur les trous de nez des artistes… avec torticolis offert.
Merci, mais non merci.
On a donc choisi le meilleur compromis :
- les écrans pour les détails ;
- la scène pour le spectacle ;
- une barrière pour s’appuyer ;
- et la possibilité de s’écrouler comme des larves pendant les changements de plateau.
Une affiche sans aucun déchet
Vive La Fête
Incroyable.
Danny.
Els.
Le groupe.
Tout est fun sans jamais devenir cucul.
Je ne sais toujours pas comment ils font.
C’est un miracle belge.
Peut-être Danny, qui donne toujours l’impression d’avoir dormi trois heures en une semaine.
Peut-être Els, qui habite son corps magnifique pendant que des paroles totalement surréalistes tournent autour d’elle.
Peut-être simplement l’ensemble du groupe, qui produit ce mélange pop-trash totalement unique.
Je ne sais pas.
Mais ça marche.
Midge Ure
Excellentes retrouvailles.
Fade to Grey.
Les poils.
Direct.
Il n’a pas été radin sur Ultravox.
Et on le remercie.
En revanche, nous avons passé quarante-cinq minutes à essayer de comprendre pourquoi un homme choisit volontairement un col roulé noir en laine par 300 degrés.
À côté de lui, le synthé avait une housse isotherme.
C’est dire.
Gavin Friday
Magistral.
Caucasian Walk… à pleurer.
Il possède cette présence que beaucoup qualifient de « magnétique ».
Non.
C’est au-delà.
Que ce soit sur Virgin Prunes ou dans sa carrière solo, Gavin habite littéralement la scène.
Nous l’avons officiellement rebaptisé Papa.
Parce que Virgin Prunes.
Parce que notre adolescence.
Parce que merde.
Soft Cell
On a eu un léger passage à vide au milieu du concert.
Quelques passages franchement kitschouille.
Puis ils ont envoyé Sex Dwarf.
Affaire classée.
Dossier refermé.
Ce morceau sent toujours le vieux sous-sol de club louche.
Le latex.
Les Kleenex sales.
Donc j’oublie tout.
L’âme est toujours là.
Même avec des choristes.
Gary Numan
Magistral.
Je n’ai pas d’autre mot.
Une élégance folle.
Un charisme dingue.
Une façon de bouger presque comme un danseur malgré la lourdeur de la musique.
On l’a appelé Tonton.
Parce qu’il était déjà là quand beaucoup n’étaient pas nés…
Et qu’il continue de mettre des claques.
Autour de lui :
Trois musiciens au crâne rasé, habillés de longues robes noires, avec des têtes de types qui rient tout seuls dans le bus avant de te fixer dans le noir.
Au milieu de cette secte…
Un batteur parfaitement normal.
Pourquoi ?
Aucune idée.
The Human League
Alors là…
Dossier textile.
Robes à paillettes.
Costard bleu salle polyvalente de 1982.
Chemise à motifs digne d’un rayon rideaux.
Épaulettes.
Par moments, on avait l’impression d’assister au gala annuel de Costa Croisières.
Mais Phil Oakey a toujours cette voix.
Et ils ont presque terminé sur un Being Boiled tellement monstrueux que tout le monde a fermé sa gueule.
Même les musiciens qui regardaient le concert derrière notre barrière.
Ceux-là, pourtant, n’étaient pas du genre à se taire.
Et le festival ?
- Billet très abordable.
- Restauration et bières à des prix qui n’obligent pas à vendre un rein.
- Son exceptionnel toute la journée.
- Bar à eau.
- Toilettes propres avec savon. Je répète : du savon. Les vétérans savent.
Les deux seuls défauts
- Construire une arène de 15 000 personnes sur un parking sans un arbre. Les Flandres nous ont lentement transformés en chipolatas.
- J’ai trouvé la restauration et les boissons plutôt raisonnables. En revanche, plusieurs festivaliers belges m’ont fait remarquer que le système de badges, de consignes et de reliquats était jugé peu lisible et frustrant.
- Et en Flandre, si tu t’obstines à parler français, on te regarde parfois comme si tu venais de demander ton chemin en sumérien.
Verdict
18/20.
Et si quelqu’un peut m’expliquer comment un festival qui existe depuis cinquante ans, avec une soirée pareille, a réussi à rester sous le radar de la moitié des Français…
Je prends.
Parce qu’à partir d’aujourd’hui, il vient officiellement d’entrer dans ma liste des rendez-vous à ne plus manquer.
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