GANG OF FOUR DEMAIN AU TRIANON

Gang of Four avec Jon King et Hugo Burnham pour la tournée Entertainment!

Gang of Four fait ses adieux en rejouant Entertainment! avec Jon King et Hugo Burnham, après la disparition d’Andy Gill et de Dave Allen. J’irai les voir parce que ce groupe n’appartient pas seulement à l’histoire du post-punk : il représente encore une certaine manière de danser, de penser et de refuser de fermer sa gueule.

Et pourquoi c’est important

(Pour moi, et ça n’engage que moi. Je ne me considère ni comme une boussole, ni comme une puriste, et encore moins comme une spécialiste. Et si c’est chiant à lire, je ne vous oblige pas à me lire. Et encore moins à être d’accord avec moi. Merci.)

Donc.

Demain, je vais voir Gang of Four.

Enfin… deux survivants originels : Jon King (chant) et Hugo Burnham (batterie), qui referment la porte avec lucidité, entourés de musiciens sincères — de ce que j’en ai lu : Gail Greenwood (basse) et Ted Leo (guitare).

Parce que les deux autres membres fondateurs mythiques sont morts.

Andy Gill, guitariste fondateur, est décédé en 2020.

Dave Allen, bassiste originel, est mort en avril 2025. Et ça m’a brisé le cœur. En vrai.

Et cette tournée, c’est leur façon de dire au revoir proprement. Ils joueront Entertainment! en entier.

Sorti en 1979, c’est un album fondateur, abrasif et lumineux. Ça groove, ça gratte, ça claque. Pas de tube calibré pour les radios, mais chaque morceau a fait école.

Des groupes comme R.E.M., Fugazi, Rage Against the Machine, LCD Soundsystem, Bloc Party ou Franz Ferdinand citent tous Gang of Four comme une influence déterminante.

Gang of Four, ce n’était pas juste un groupe post-punk. C’était une arme sociologique. Un manifeste en rythme. Ils dansaient les poings serrés, refusaient les slogans vides et ne rendaient jamais le monde confortable.

Quand EMI leur a demandé de modifier les paroles de At Home He’s a Tourist pour passer à la télévision (remplacer le mot « rubbers » par quelque chose de plus poli), ils ont répondu non.

Résultat ? EMI a poussé Duran Duran. Plus docile. Pas moins bon.

Donc.

Demain, j’irai voir Gang of Four sans Gill, sans Allen. Je sais.

Parce que ce n’est pas une question de purisme. C’est une question de mémoire. De cohérence. De présence.

Certains groupes jouent leur passé.

Gang of Four, même avec la moitié du line-up, joue encore pour demain.

Ils représentent surtout un monde qui refuse de plier et de fermer sa gueule.

Et moi, j’y serai.

Pour le principe.

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