POINT SUR LES PROCHAINES MIGRATIONS FESTIVALIÈRES : LES GRANDES TENDANCES DE LA SEMAINE
(Ou comment les programmateurs français ont décidé que la cohérence musicale était une faiblesse cette semaine)
Bon.
Visiblement, cette semaine, la Fosse Commune est en train de se disperser aux quatre coins de la France (et de la Belgique).
Grâce à vos retours, j’ai repéré des agents infiltrés en partance pour :
✅ ROCK ZOTTEGEM (Belgique, Flandre orientale)
✅ Festival Musilac (Aix-les-Bains, Savoie)
✅ Festival Décibulles (Neuve-Église, Alsace)
✅ Festival Le Murmure du Son (Eu, Normandie)
✅ La Guerre du Son (Landresse, Doubs)
✅ Guitare en Scène (Saint-Julien-en-Genevois, Haute-Savoie)
✅ Very Rock Trip Festival (Pocé-les-Bois, près de Vitré)
Et pour les retardataires, ça donne ça.
Pour regarder Gorillaz au bord du lac du Bourget, voire groover de la hanche sur Jamiroquai, Musilac vous tend les bras. En revanche, c’est probablement le seul festival où je serais capable de faire un détour de trois kilomètres pour éviter de tomber sur Bigflo & Oli. Chacun ses phobies.
Si vous avez décidé d’alterner Madness, The Libertines, De La Soul, Fat Dog et Brutalismus 3000 entre deux tartes flambées, direction Décibulles, en Alsace. En revanche, le principal cardio du week-end ne se fera pas dans le pogo. Il se fera en sprintant d’une scène à l’autre en hurlant : « Putain, je vais pas avoir le temps de pisser. »
Si votre définition du bonheur consiste à écouter Lofofora et No One Is Innocent entre deux olympiades de houblon, La Guerre du Son, dans le Doubs, est probablement votre habitat naturel. Préparez-vous aussi à un dilemme existentiel entre Horskh, Bukowski et Mike McColgan. Oui, il faudra choisir. Non, ce ne sera pas agréable.
Si vous venez au Murmure du Son pour Last Train, direction Eu, en Normandie. Ce festival repose sur un concept simple : prendre un fan de Last Train, lui faire traverser un concert d’Oxmo Puccino, puis lui demander avec beaucoup de bienveillance si tout va bien.
Si vous voulez enchaîner Ben Harper, Pixies, Steel Panther et Kool & The Gang en quatre jours sans que votre cerveau ne déclenche une alerte, Guitare en Scène, en Haute-Savoie, est fait pour vous. Les programmateurs appellent ça de l’éclectisme. Les psychiatres observent encore le phénomène.
Si votre week-end consiste à passer de dEUS à Kraftwerk, puis OMD, avant de terminer avec Steel Panther (encore eux), les Belges de Rock Zottegem ont, une fois de plus, décidé de faire absolument n’importe quoi. Et c’est précisément pour ça qu’on les aime.
Et si votre carburant, c’est le rock qui sent l’huile moteur, les perfectos et les amplis vintage, direction le Very Rock Trip, près de Vitré. Là -bas, il y a de fortes chances que quelqu’un vous propose une bière artisanale avant même de vous dire bonjour. Et pendant ce temps-là , vous serez probablement en train d’essayer de décider s’il est raisonnable de quitter The Lords of Altamont pour Public House, ou de sacrifier Cellophane Suckers au profit de The Lizards. La réponse est non. Vous regretterez de toute façon le groupe que vous n’aurez pas vu.
Bref.
Cette semaine, vous pourrez choisir entre du hip-hop, du punk, du reggae, du garage rock, de la pop, du metal, du funk, du ska, de l’électro, de la chanson française, du rock indé… et Steel Panther. Ce qui, reconnaissons-le, constitue désormais un genre musical à part entière.
Si j’ai assez de matière en commentaire, je ferai un compte rendu croisé. On recherche par exemple les spécimens suivants :
✅ le festivalier qui a couru 800 mètres entre deux scènes… pour arriver au moment où le morceau se terminait
✅ la personne qui a dit : « Je vais juste m’asseoir cinq minutes dans l’herbe »… et s’est réveillée une heure plus tard
✅ le propriétaire d’un coup de soleil dont la couleur mérite d’être référencée par Pantone
✅ celui qui a payé 18 € une bière et qui continue de prétendre que « ça va ». Non. Ça va pas
✅ le festivalier qui a retrouvé un ami perdu… par hasard… dans un autre département
✅ toute photo d’un objet abandonné, d’un déguisement improbable, d’un animal infiltré ou d’un spécimen humain rare sera examinée avec la plus grande attention
✅ et, comme toujours, tout comportement inexplicable mais parfaitement festivalier
Je vous souhaite une excellente semaine de migration festivalière.
Hydratez-vous. Mettez de la crème solaire. Méfiez-vous des sandwichs à la rillette qui ont connu deux parkings, trois balances son et un changement de plateau.
Et surtout… revenez entiers.
Les meilleurs comptes rendus commencent toujours par : « Tu vas jamais me croire… »
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