CORPUS DELICTI À NICE. NI MÉTAL NI LOCAL. JUSTE SOLD OUT

CORPUS DELICTI NICE 2026

(Une histoire de communication approximative et de salle pleine quand même)

Ce week-end, j’ai pris mon bob grenouille, mes méduses mentales et mon amour du post-punk sombre pour aller voir Corpus Delicti à Nice.

Avant toute chose, une mise au point.

Corpus Delicti n’est ni un groupe de métal. Ni un groupe local.

Je précise parce qu’une communication municipale (pas celle de la salle) visiblement élaborée à l’aide d’un tirage au sort et d’un verre de rosé de Bellet les a présentés comme un « groupe de métal local ».

Ils ne sont pas métal. Ils ne sont pas locaux.

Enfin… techniquement ils sont niçois.

Mais dire que Corpus Delicti est un groupe local, c’est quand même ignorer légèrement la réalité. Depuis le début des années 90, leurs disques circulent bien au-delà de la Promenade des Anglais. Et ils passent davantage de temps à Londres, Porto, Athènes, Lima, Berlin ou Paris qu’au camping de Cagnes-sur-Mer. Ce n’est pas du mépris. C’est juste factuellement faux.

Quant au métal… alors là.

Corpus Delicti est littéralement né de la basse de Peter Hook et d’autres trucs bien typés du post-punk canal historique tendance goth (même si j’aime toujours pas le mot). Pas d’un growl sur une double pédale.

Mais visiblement à Nice tout instrument amplifié par des gens habillés en noir devient du métal.

À ce jeu-là, Bauhaus est du métal. The Cure est du métal. Joy Division est du métal. Mon grille-pain est probablement du métal aussi. Et le monsieur qui joue de l’accordéon sur la Place Rossetti est à deux amplis d’intégrer Gojira.

Bref.

Ni métal. Ni local.

Et manifestement pas très seuls non plus.

Parce qu’ils ont fait complet. Ce qui est généralement un indice assez fiable permettant d’établir que des gens avaient envie de venir.

Et c’est ainsi que je suis partie à Nice. De Compiègne. Claquée as fuck because la semaine de tarée que j’ai enchaînée.

LA FOSSE, ON VOUS VOIT !!!

Ainsi, en ma qualité officielle de vieille fosseuse fatiguée homologuée, le groupe m’avait collé un accès backstage, formule pan bagnat, Snickers et discussions improbables. Ils ont eu pitié de ma personne et je les remercie. J’étais à deux doigts du burn out musical.

Et comme la fosse était pleine comme un œuf, je n’ai jamais réussi à y retourner.

Physiquement impossible.

À moins de me faire faxer entre deux goths et un type habillé comme un croisement entre Peter Murphy et un contrôleur SNCF.

J’ai donc vécu le concert depuis le côté de la scène.

Et là. Révélation.

Toute ma vie j’ai regardé les groupes depuis la fosse. Pour la première fois, j’ai regardé les gens qui regardaient le groupe.

Et pardon mais : qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Parce que depuis la scène, on vous voit.

Très bien même.

On voit les sourires idiots. Les yeux écarquillés. Les refrains yaourtés avec une conviction admirable. Certaines personnes chantaient manifestement en phonétique émotionnelle. Les paroles inventées. Les gens qui tapent à contretemps avant de retrouver miraculeusement le rythme. Les bras en l’air. Les danses inexplicables. Les petits sauts verticaux. Les grands sauts latéraux. Les yeux fermés. Les larmes. Les rires. Et un slam qui a brièvement tenté d’exister avant de rencontrer les limites techniques de l’humanité.

J’ai vu un corps. Puis un pied. Puis plus rien.

Le slam a vécu libre. Le slam est mort libre.

Le plus fascinant ?

Les musiciens voient tout. Ils reçoivent ce que vous envoyez. Et ils vous le renvoient.

Ce n’est pas un monologue. C’est un échange.

Et oui. Même toi qui croyais discrètement consulter tes messages pendant le rappel.

RAPPORT D’OBSERVATION

Quant au concert lui-même ?

Énorme.

Les nouveaux morceaux trouvent naturellement leur place parmi les anciens.

Les classiques déclenchent une ferveur quasi religieuse. Et le groupe dégage cette énergie et cette tranquillité particulière des formations qui n’ont plus rien à prouver à personne.

Ils connaissent leurs morceaux.

Ils connaissent leur public.

Ils connaissent leur histoire.

Et visiblement leur public aussi.

En première partie, les magnifiques CODE 150 ont ouvert le bal. Ces deux musiciennes que j’ai chroniquées après leur concert à Paris en début d’année continuent de distiller leur darkwave étrange.

Elles ont été choisies pour ouvrir ce concert niçois. Ce qu’elles ont fait avec classe.

Et comme j’ai proposé de me rendre utile à la soirée et qu’ensuite je suis allée boire deux litres de flotte derrière la scène (car il faisait chaud sa grand-mère), je n’ai pas pu voir correctement la prestation de I Apologize Redux qui jouait également juste avant Corpus Delicti.

Et si je vois pas, je dis pas.

MORAL DE L’HISTOIRE

Finalement cette soirée a raconté quelque chose d’assez simple.

Quand la musique touche juste, les gens viennent. De Nice. De Paris. D’Italie. D’Angleterre. Parfois même de Compiègne.

Le reste relève surtout de l’administratif.

PS : si vous voulez voir de belles photos, il y en a absolument partout. Moi je ne peux pas tout faire. J’essayais déjà de survivre à ce week-end.

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