{"id":1115,"date":"2026-05-29T12:59:00","date_gmt":"2026-05-29T12:59:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fossecommune.com\/?p=1115"},"modified":"2026-08-10T16:22:03","modified_gmt":"2026-08-10T16:22:03","slug":"ist-ist-aeronef-lille-concert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/2026\/05\/29\/ist-ist-aeronef-lille-concert\/","title":{"rendered":"IST IST : MANCHESTER A D\u00c9BARQU\u00c9 \u00c0 LILLE ET JE ME SUIS TRANSFORM\u00c9E EN NEM VAPEUR AVEC DES DOCS"},"content":{"rendered":"<h2>IST IST, groupe post-punk de Manchester, faisait escale \u00e0 L\u2019A\u00e9ronef de Lille pour une rare date fran\u00e7aise. Vingt-deux morceaux, une chaleur de forge industrielle et quatre Anglais venus transformer la salle en annexe \u00e9motionnelle du Grand Manchester.<\/h2>\n<p><em>(ou comment quatre Anglais \u00e9lev\u00e9s sous la pluie ont transform\u00e9 l\u2019A\u00e9ronef en annexe \u00e9motionnelle du Grand Manchester)<\/em><\/p>\n<p>Rien n\u2019aurait pu me faire rater IST IST \u00e0 L&rsquo;A\u00e9ronef. Rien. Ils ont donn\u00e9 une date de transit en France au retour du Wave-Gotik-Treffen. C\u2019\u00e9tait presque chez moi. \u00c0 Lille. J\u2019ai donc affront\u00e9 une chaleur absolument absurde pour aller retrouver l\u2019un des groupes actuels les plus passionnants de Manchester.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0. IST IST c\u2019est un groupe Covid. Ils ont sorti leur premier album en 2020, quand on \u00e9tait enferm\u00e9s comme des rats priv\u00e9s de d\u00e9cibels et de vie normale. DIY jusqu\u2019au bout des ongles : propre label (Kind Violence Records), propre production, r\u00e9putation construite \u00e0 l\u2019ancienne par les concerts, le bouche-\u00e0-oreille et une fanbase extr\u00eamement fid\u00e8le. Une anomalie.<\/p>\n<p>Cinq albums en six ans. \u00c0 ce stade, soit ils travaillent beaucoup, soit ils ont trouv\u00e9 une faille dans l\u2019espace-temps. Cinq albums d\u00e9j\u00e0 et ils encha\u00eenent les sold out au Royaume-Uni. Surtout chez eux o\u00f9 ils sont devenus l\u2019un des nouveaux fleurons de la sc\u00e8ne locale.<\/p>\n<p>Et forc\u00e9ment, ils revendiquent leurs racines post-punk mancuniennes. Mais ils y ajoutent des synth\u00e9s, des textures, des sons chelous, des s\u00e9quences \u00e9lectroniques et une vraie modernit\u00e9 sans ressortir Joy Division du cong\u00e9lateur \u00e0 chaque interview. Merci \u00e0 eux.<\/p>\n<p>Vu d\u2019ici, IST IST n\u2019est pourtant pas encore bien connu. Le petit club de l\u2019A\u00e9ronef \u00e9tait donc parfaitement logique. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Manche, en revanche, les mecs jouent d\u00e9j\u00e0 dans une autre cat\u00e9gorie. Genre remplir l\u2019Albert Hall chez eux.<\/p>\n<p>Ici, j\u2019ai m\u00eame eu la chance de les croiser avant le concert. Quatre types en glandouille dans le patio. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 alert\u00e9e par l\u2019accent au loin car je connais pas bien leur tronche. C\u2019\u00e9tait eux. Ce qui m\u2019interpelle sur une nouvelle comp\u00e9tence : identifier les Mancuniens comme d\u2019autres reconnaissent les esp\u00e8ces migratrices. V\u00e9rification discr\u00e8te sur Google. Confirmation. Approche.<\/p>\n<p>Juste quatre types en terrasse en train de profiter du soleil lillois. Ce qui est d\u00e9j\u00e0 suspect pour des gens \u00e9lev\u00e9s sous la pluie anglaise et qui remplissent les salles de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Manche.<\/p>\n<p>Une heure plus tard, les m\u00eames types allaient transformer l\u2019A\u00e9ronef en annexe \u00e9motionnelle du Grand Manchester.<\/p>\n<p>Et avant \u00e7a, <a href=\"URL-ARTICLE-EOSINE\">Eosine avait d\u00e9j\u00e0 entrepris de retourner L\u2019A\u00e9ronef en premi\u00e8re partie<\/a>. La soir\u00e9e partait donc sur des bases parfaitement raisonnables.<\/p>\n<h2>IST IST : Manchester, le post-punk et la m\u00e9t\u00e9o int\u00e9rieure<\/h2>\n<p>Sur sc\u00e8ne, IST IST ressemble exactement \u00e0 ce que Manchester produit de mieux : une pr\u00e9sence. Un flow. Une philosophie locale : on est triste mais on danse quand m\u00eame.<\/p>\n<p>Adam Houghton tient le centre avec une voix tr\u00e8s particuli\u00e8re. Pas seulement grave.<\/p>\n<p>Des chanteurs graves, il y en a plein. Lui poss\u00e8de une voix qui semble d\u00e9j\u00e0 contenir la m\u00e9t\u00e9o du Nord-Ouest anglais dedans.<\/p>\n<p>Tee-shirt banal. Guitare honn\u00eate.<\/p>\n<p>Puis il ouvre la bouche. Et imm\u00e9diatement : signature vocale. Les yeux ferm\u00e9s, dans le brouillard, dans la vapeur humaine ou au fond d\u2019un tunnel, tu sais que c\u2019est IST IST.<\/p>\n<p>\u00c0 la basse, Andy Keating appara\u00eet comme une silhouette sortie d\u2019un film noir. \u00c9nergie du type qui a vu des choses dont il pr\u00e9f\u00e8re ne pas parler mais qui va groover quand m\u00eame.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re, Joel Kay se manifeste principalement sous forme d\u2019un cr\u00e2ne chauve apparaissant entre deux cymbales. Preuve scientifique de l\u2019existence d\u2019un batteur qui maintient toute la machine en mouvement.<\/p>\n<p>Enfin Mat Peters, \u00e0 la guitare et aux claviers, construit les textures et les nappes comme un homme occup\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier directement avec le climat local.<\/p>\n<p>L\u2019ensemble d\u00e9gage quelque chose de rare : une \u00e9l\u00e9gance sans effort. Une force tranquille. Un post-punk pur qui fr\u00f4le parfois avec le goth rock. Et parfois les fant\u00f4mes de la Hacienda passent discr\u00e8tement entre deux morceaux.<\/p>\n<h2>Vingt-deux morceaux et cuisson vapeur \u00e0 L\u2019A\u00e9ronef<\/h2>\n<p>Et l\u00e0 arrive le seul probl\u00e8me de la soir\u00e9e.<\/p>\n<p>Vingt-deux morceaux si j\u2019ai bien compt\u00e9 la setlist que j\u2019ai aper\u00e7ue \u00e0 l\u2019envers (avant qu\u2019un flan l\u2019arrache avant le rappel). VINGT-DEUX.<\/p>\n<p>La setlist la plus longue de l\u2019histoire de Fosse Commune.<\/p>\n<p>Plus long, il faut appeler The Cure.<\/p>\n<p>Attention : ce n\u2019est pas une critique.<\/p>\n<p>Parce que sur sc\u00e8ne, IST IST, \u00e7a d\u00e9bo\u00eete.<\/p>\n<p>Mais il faisait une chaleur de forge industrielle. \u00c0 partir du quinzi\u00e8me morceau, j\u2019ai cess\u00e9 d\u2019\u00eatre une personne. J\u2019\u00e9tais un nem vapeur avec des Doc Martens.<\/p>\n<p>On transpire dans des endroits que m\u00eame la biologie ignore. \u00c0 un moment, on d\u00e9croche un peu.<\/p>\n<p>Et c\u2019est dommage. Parce qu\u2019apr\u00e8s arrive l\u2019autoroute des bangers. Dont un immense <em>I Am The Fear<\/em>. Le morceau qui m\u2019a fait d\u00e9couvrir le groupe. Et qui reste un pied absolu en live.<\/p>\n<p>La fosse souffre. La fosse danse. La fosse fond. \u00c0 la sortie, nous \u00e9tions tous rouges, tremp\u00e9s et vaguement cuits \u00e0 c\u0153ur. Je pense sinc\u00e8rement que l\u2019\u00e9nergie d\u00e9gag\u00e9e dans le patio de l\u2019A\u00e9ronef aurait pu faire avancer le petit train de la baie de Somme.<\/p>\n<p>On \u00e9tait morts. Mais heureux.<\/p>\n<p>Et \u00e7a, finalement, c\u2019est la d\u00e9finition exacte d\u2019un bon concert.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>IST IST en concert \u00e0 L\u2019A\u00e9ronef de Lille : le groupe post-punk de Manchester, 22 morceaux, une chaleur infernale et une salle transform\u00e9e en \u00e9tuve mancunienne.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1114,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[2322,1580,870,1463,1582,1076,1581,2321,149,610,1579,214,717,1444,1583],"class_list":["post-1115","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-retour-de-fosse","tag-adam-houghton","tag-aeronef-lille-2","tag-concert-lille","tag-goth-rock","tag-i-am-the-fear","tag-ist-ist","tag-kind-violence-records","tag-laeronef-2","tag-lille","tag-live-report","tag-manchester","tag-post-punk-2","tag-rock-alternatif","tag-scene-britannique","tag-wave-gotik-treffen"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1115","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1115"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1115\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1729,"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1115\/revisions\/1729"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1114"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1115"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1115"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fossecommune.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1115"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}