LE MEC QUI PREND TROP DE PLACE (POUR RIEN)

illustration du mec qui prend trop de place en festival

alias L’HOMME-ESPACE MORT
alias Le ZADiste du mètre carré
alias Le Cousin Humain du Parasite de Crash Barrier

(Série d’observation hivernale en attendant les migrations festivalières. Aujourd’hui : le mammifère territorial qui transforme la fosse en problème d’urbanisme.)

Classification :

Homo Festivalus Egocentrus.
Capable d’occuper 2,4 m² avec 1,3 m² de surface corporelle.

Traits distinctifs :

n’a aucune raison physique de prendre autant de place
ne transporte rien d’utile mais possède toujours un sac à dos format randonnée Himalaya
déploie ses bras comme un albatros bourré
danse seul dans un périmètre qui ressemble à une zone d’exclusion nucléaire
donne des coups d’épaule temporels toutes les 12 secondes

Sous-espèces connues :

Le Sac-à-Dos Tropical
Il arrive à un concert indoor comme s’il partait faire Compostelle.
À l’intérieur : une gourde, une deuxième gourde, une troisième gourde, un parapluie, une cape de pluie, un pique-nique, de l’huile d’olive artisanale, un chargeur solaire, un guide Michelin 1998, une clé de 12, un livre de développement personnel, un melon entier,
un tabouret pliant, une lampe frontale et peut-être un vérin hydraulique. Tu prends le sac dans le sternum toutes les deux mesures.

Le Grand Écart Social
Alors lui, il écarte les jambes façon sumo. On dirait qu’il se prépare à défendre le territoire du dernier mammouth laineux. Il tient TOUT son espace. Impossible de passer. Impossible de glisser. Impossible de respirer. Ce mec est un bloc. Un menhir. Une armoire hostile.

Le Danseur Auto-Centré
Il oscille seul. Toujours. Les yeux fermés Convaincu d’être en communion cosmique avec le bassiste alors que le bassiste ne l’a jamais vu. Frappe tout le monde du coude. Ne s’en rend jamais compte. Fait des mouvements amples. Fatigue.

Le Porte-Radars
Il met les bras en l’air. Très haut. Tout le temps. Même sur les morceaux lents. Même sur les intros parlées. Même quand il vérifie l’heure. Envergure d’un Airbus. Il t’assomme sans remords. Compte triple s’il utilise pas de deo.

Indice de nocivité :

Élevé. En densité humaine, c’est une catastrophe naturelle.

Signes d’identification immédiate :

– tu te demandes pourquoi tu arrives à respirer d’un seul côté
– quelqu’un occupe exactement la zone où devraient être tes jambes
– tu sens un sac à dos dans ton sternum ou un bras te frôler la jugulaire sans raison

Méthode de cohabitation :

– le contourner comme un éléphant dans un magasin de cymbales
– ne pas engager de conversation : il n’est pas au courant qu’il prend de la place
– profiter de son déplacement (rare) pour récupérer un mètre de liberté comme une lionne récupère une proie sinon : reculer de 20 cm et espérer qu’il se dissolve dans la foule (encore plus rare)

Pourquoi il existe ?

Parce que la fosse est un écosystème.
Il faut des prédateurs, des victimes, des héros, des relous.
Et ce mec est l’équivalent humain du crabe de concert : incompréhensible, trop large, trop lent, trop partout.

Nuisance moyenne en dB : Entre 65 et 102 (selon le volume de son sac à dos).
Taux de tolérance social : 0,4%.

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