LE FESTIVALIER EN PONCHO
(Série hivernale en attendant la migration en fosse : aujourd’hui, le festivalier en poncho, ni sec, ni humide. Juste en souffrance)
Le festivalier en poncho donc. On le repère tout de suite.
Il brille. Il flotte. Il cling-cling au vent comme un sac poubelle premium livré avec une carte FNAC.
Le festivalier en poncho n’est ni sec, ni vraiment mouillé. Il vit dans un entre-deux climatique que même Météo France refuse de commenter. Trempé, mais craquant. Condensé, mais aérien. Un enfer humide.
Son poncho, c’est une membrane translucide à 2 €, vendue au merch entre une pinte tiède et un gobelet consigné. Une seconde peau. En plastique de mauvaise humeur.
À l’intérieur, c’est un sauna turkmène. À l’extérieur, c’est un pare-pluie Lidl. Et pourtant, il avance, fier, convaincu que lui, au moins, n’aura pas froid.
Quelle naïveté.
Le festivalier en poncho colle à lui-même. Il colle à toi. Il colle à n’importe quoi, d’immobile ou de mobile, dans un rayon de deux mètres. C’est une ventouse humaine. Un film alimentaire bipède.
Signature sonore
Un froissement continu, comme si quelqu’un emballait Dieu dans du papier bulle.
Il glisse. Il flotte. Il crisse. Un animal sonore.
Dans la fosse
Là , ça devient critique.
Le poncho devient une voile. Une tente Quechua possédée. Un cerf-volant de détresse. Le mec manque de s’envoler au moindre riff.
Mention spéciale quand il danse : tu vois clairement une méduse transparente en rupture de contrat spirituel. Un Pokémon Eau raté. Une envie de fuir, mais en glissant.
Et la capuche… cette capuche. Elle donne l’air con à n’importe qui sur terre. Il n’y a rien à faire.
Instant culte
À un moment, forcément, il soulève son poncho pour respirer.
Tu vois le visage d’un homme qui sort du four. Rouge. Détrempé. Brillant. Il suinte par tous les orifices connus et inconnus.
Puis il remet tout. Et re-cuit.
Conclusion
Le festivalier en poncho nous rappelle une vérité fondamentale : il existe toujours pire que d’être trempé… être trempé colle-à -colle dans du plastique.
Statut dans l’écosystème : martyr volontaire. On l’honore. On le plaint. On s’écarte.
Et voilà . C’est la vie. C’est la fosse.
À suivre.
Demain : la grande roue de festival. Un engin pensé pour ne rien voir ni entendre d’un concert. Mais avec de belles photos.
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