LE FESTIVALIER EN TONG

(Série hivernale en attendant la migration en fosse : aujourd’hui, focus sur une erreur logistique majeure. Demain : la zone Chill)

On le repère facilement : c’est le seul être humain qui croit que la gravité, le pogo et l’humanité entière respecteront son intégrité podale.

Il avance en festival comme si les lois de Newton étaient optionnelles, comme si les 14 000 paires de Rangers autour de lui avaient signé une clause de non-écrasement, comme si ses orteils noirs (vernis ou morts, on ne sait pas) avaient un totem d’immunité.

La tong : une semelle de rien, un string pour pied, un laissez-passer pour l’infirmerie.

Il se déplace avec le bruit typique : flap-flap-flap. Comme un avertissement cosmique : je suis dangereux pour moi-même… mais j’ai pas chaud aux pieds.

On le retrouve

en train de chercher sa tong perdue dans un fossé de bière
en train de boiter, mais en niant : ça va, c’est rien, retour au parking (loin)
en train de dire qu’il a l’habitude
à l’infirmerie, disant « c’est juste fracturé un peu »
ou pieds nus, pieds morts, à la fin du concert de Korn

On ne juge pas. On observe. On prie pour ses métatarses.

Le Festivalier en Tongs est un pilier de l’écosystème. Un avertissement vivant. La preuve que la sélection naturelle hésite encore.

À suivre.

Demain : cartographie de la Zone Chill. Poufs fatigués, rastas blancs, ukulélés non consentis et ce moment précis où le rock’n’roll meurt dans un hamac.

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