LA PLAYLIST DU RÉVEILLON DE L’ENFER

(ou comment survivre à Comanchero en boîte sans finir en cellule)

Le 31 décembre, c’est le moment où tout bascule.

Les gens ne veulent plus un truc calme.

Ils veulent DANSER.

C’est-à-dire revivre 1986 sans les genoux de 1986.

Et c’est là que surgit Comanchero.

COMANCHERO, PARLONS-EN

Ce n’est pas une chanson.

C’est un traumatisme collectif en synthé.

Ça commence tranquillement.

Tu te dis : ah oui, ce truc…

Et soudain, la salle devient un open space de cadres sup sous MDMA.

Quelqu’un crie :

OOOH OOOH COMANCHEROOO

Ton âme quitte ton corps pour aller se cacher derrière un ampli Ampeg.

Comanchero n’a jamais été festif.

Il a juste été autoritaire.

LES PILIERS DE LA PLAYLIST DE L’ENFER

Toujours les mêmes.
Toujours.

Une sorte de cercle de l’Hadès musical.
Un truc qui te contrarie physiquement :

moelle épinière hérissée,
envie de fuir immédiate.

– Comanchero, le boss final
– Born to Be Alive, la purge imposée
– Les Démons de Minuit, prise d’otage collective
– I’m So Excited, hurlements sous néons
– Ça plane pour moi, maltraité, humilié, méconnaissable
– Freed from Desire, scandé par des gens qui ne sont libres de rien
– Daddy Cool, danger immédiat
– tout ce qui fait lever les bras sans demander l’avis du cerveau

À ce stade, tu danses pour survivre.

Pas par joie.

LE DJ DU RÉVEILLON

Il n’écoute personne.

Il lit la salle comme un comptable lit un bilan.

Sans émotion.
Sans état d’âme.

Il dit toujours la même chose :

« Ça marche toujours. »

Oui.

La gastro aussi.

GESTES DE SURVIE VALIDÉS PAR LA FOSSE

– se coller près des enceintes pour que tout devienne abstrait
– boire lentement, sinon tu danses vite et tu regrettes
– danser ironique, protection psychique de base
– regarder l’heure toutes les quatre minutes
– se souvenir que ça va finir

CE QU’IL NE FAUT JAMAIS DIRE

– Tu peux mettre autre chose ?
– T’as pas un truc un peu plus…
– Et si on changeait ?

Non.

Tu es en territoire hostile.

Tu observes.
Tu encaisses.
Tu notes pour la fosse.

CONCLUSION OFFICIELLE

La playlist du réveillon de l’enfer n’est pas là pour la musique.

Elle est là pour l’illusion de communion.

Et quand Comanchero retentit,

ce n’est pas la fête qui commence.

C’est l’épreuve.

Mais tiens bon.

Le 1er janvier, on passe à autre chose.

Promis.

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