LA COMPAGNIE CRÉOLE PERTURBE ENCORE LA MATRICE… MAIS DANS LE FINISTÈRE
Kreiz Y Légend’Air 2026 à Lesneven mélange rock, metal, punk et musiques tropicales avec La Compagnie Créole, Senser, Les Wampas, Silmarils et bien d’autres
(Récidive. On avait classé le premier rapport en juillet vers Niort comme un épisode isolé. Et non. Le Finistère fusionne deux festivals et assume de mélanger les genres. Et je dis bravo)
En juillet, j’avais déjà consacré beaucoup trop de temps à une question que personne ne m’avait posée : que se passe-t-il lorsqu’on met La Compagnie Créole et Ultra Vomit dans le même festival ? C’est arrivé près de Niort.
Et j’avais cru à une hallucination.
Avec le type venu pour C’est bon pour le moral qui repart avec des acouphènes, un t-shirt de metal et aucune explication satisfaisante à fournir à sa famille.
J’avais conclu à une expérience sociale.
Et puis on vient de m’envoyer ça.
Kreiz Y Légend’Air. Lesneven. Finistère. Nord.
Le phénomène remonte vers la Bretagne.
Regardons donc l’affiche
Vendredi : Silmarils. The Molotovs.
Komodor. Early Maggots. Working Class Zero.
Du rock, du metal, du punk hardcore, un tribute Slipknot.
Très bien.
Samedi : La Compagnie Créole. Nèg’ Marrons. Les Wampas. Senser. The Handsome Kids.
Pardon ?
Et cette fois, impossible de soupçonner une erreur.
Le festival revendique très exactement « la rencontre de l’univers rock avec celui des musiques tropicales ».
Donc ils savent.
ILS SAVENT.
Et ce n’est pas un accident : Kreiz Y Légend’Air est justement né de la fusion du Festival Légend’Air et du KREIZ Y FEST.
Si j’ai bien compris, ils ont décidé de prendre deux univers qui vivaient chacun de leur côté et de les foutre dans la même pièce pour voir ce que ça donne.
Musicalement, tout s’explique. Sociologiquement, j’ai besoin d’images.
Alors moi aussi, maintenant, je veux voir les gens.
Parce que musicalement, chacun de ces noms s’explique très bien.
Sociologiquement, j’ai besoin d’images.
Je veux voir le monsieur venu pour Senser.
Il a probablement découvert le groupe dans les années 90.
Il a peut-être encore quelque part un pantalon désormais beaucoup trop petit qu’il refuse de jeter pour des raisons sentimentales.
Le pantalon ferme encore.
Théoriquement.
Il manque seulement environ onze centimètres de matière sur un truc qui était initialement un baggy.
On sait.
On juge pas.
Il arrive tranquillement.
Il ne sait pas.
Et à côté de lui, une dame est venue fêter les cinquante ans de La Compagnie Créole.
Ils ne se connaissent pas.
Ils n’ont probablement jamais acheté le même disque.
Les algorithmes de recommandation les plus claqués au sol, même ceux qui classent Fosse Commune en « Travel & Exploration », n’auraient jamais provoqué cette rencontre.
Le Finistère, si.
Et je trouve ça génial !
Pourquoi ?
Dans trois heures, ils seront au même bar.
La Compagnie Créole possède un pouvoir que nous sous-estimons
Et quelque part au milieu de tout ça, un phénomène va nécessairement se produire.
Parce que La Compagnie Créole possède un pouvoir que nous sous-estimons depuis des décennies :
TOUT LE MONDE CONNAÎT.
Ne niez pas.
Tu peux écouter du punk depuis trente ans.
Du reggae.
Du metal.
De la fusion britannique.
Posséder des vinyles pressés à 200 exemplaires dont même le groupe a oublié l’existence.
« Non mais moi j’écoute surtout la face B du pressage tchécoslovaque de 1987. »
Mytho.
Ça ne change rien.
Quelqu’un lance : C’est bon pour le moral…
Et une zone de ton cerveau que tu pensais avoir correctement sécurisée répond :
C’EST BON BON.
Rendez-vous les 6 et 7 novembre à Lesneven
Alors, Kreiz Y Légend’Air, je ne sais pas encore exactement ce qui va se passer à Lesneven les 6 et 7 novembre.
Personne ne le sait.
C’est précisément ce qui rend l’expérience géniale et donc intéressante.
Mais après l’expérience de juillet, une chose est certaine :
je veux les images.
C’est pour la science.
Et si vous voulez participer vous aussi à cette expérience sociale grandeur nature, la billetterie est par ici.
Venez pour Senser. Restez pour C’est bon pour le moral. Ou l’inverse. La matrice est déjà foutue.


