LE TAZ OU L’HOMME QUI REFUSE BIOLOGIQUEMENT DE REDESCENDRE

ILLUSTRATION CARTO LE TAZ

(Série d’observation hivernale en attendant les migrations festivalières. Aujourd’hui : l’entité survitaminée qui transforme un festival en marathon sous amphétamines émotionnelles.)

Le Taz n’est pas un simple festivalier énergique.

Le Taz est un phénomène physique.

Personne ne sait exactement ce qui alimente un Taz. La science hésite entre :

✅ la drogue,
✅ un défaut du système nerveux,
✅ une mutation génétique,
✅ ou un réacteur nucléaire miniature caché dans le foie.

Le plus fascinant : le Taz démarre avant tout le monde.

Pendant que vous cherchez votre bracelet, montez les tentes, transpirez sur une sardine tordue, essayez de comprendre où sont les sanitaires…

LUI est déjà saoul, torse nu, en train de parler à un mec qui s’appelle Doudou, et émotionnellement prêt pour le wall of death de 23h42.

Le Taz arrive souvent la veille.

Et dès l’arrivée au camping il dégage une énergie inquiétante de chien de berger sous cocaïne.

Il parle fort. Très fort. À tout le monde.

Il connaît déjà les voisins, les bénévoles, le type du food truck et quelqu’un qui « a un after incroyable à 40 minutes d’ici ».

Le plus troublant reste son rapport au sommeil.

Le Taz ne dort pas.

Ou alors par micro-coma de 11 minutes derrière une glacière.

À 8h du matin : « QUI VEUT UN CAFÉÉÉÉÉ ??? »

Pendant que le reste du camping tente encore de récupérer une activité cérébrale minimale.

À 9h : « J’ai acheté des chouquettes ! »

À 10h : musique à fond.

À 11h : première bière.

À midi : le Taz a déjà oublié qu’il avait été ivre mort la veille.

Et plus les heures passent… plus il devient puissant.

14h : circle pit. En slip. Yeux injectés de sang. Hurlements de joie devant un groupe régional de stoner joué sous un barnum Carrefour.

17h : toujours debout.

20h : toujours debout.

22h : toujours debout.

Minuit : « ON VA EN AFTER OU QUOI ??? »

1h : « Je connais un endroit. »

2h : « Vous êtes chauds les morts ??? »

3h : le Taz réapparaît au camping avec une bière tiède, deux inconnus, un sandwich approximatif et une envie urgente de raconter un concert de 2007 à un type qui dormait profondément deux minutes avant.

Le plus terrifiant : le Taz ne comprend sincèrement pas pourquoi les autres déclinent physiquement.

Pendant que les lombaires lâchent, les corps se décomposent, les batteries tombent à 2 %, et les festivaliers rampent vers leurs tentes comme des vétérans napoléoniens… le Taz saute encore partout comme si le festival venait de commencer.

Et le lundi matin… il poste déjà : « Franchement on remet ça quand vous voulez 😎🤘 »

Pendant que 87 personnes cherchent encore leur personnalité dans un plaid avec un Doliprane et un McDo froid.

Le Taz est immortel.

Ou extrêmement dangereux biologiquement.

La science hésite encore.

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